Paris at night
Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche et l’obscurité toute entière pour me rappeler tout cela en te serrant dans mes bras.
Jacques Prévert
- Véronique : Tu m'aimes, Guillaume ?
- Guillaume : Oui bien sûr, je t'aime.
- Véronique : Parce que moi j'ai bien réfléchi, je ne t'aime plus.
- Guillaume : Qu'est-ce qui se passe, Véronique ?
- Véronique : J'aime plus ton visage, j'aime plus tes yeux, j'aime plus ta bouche. J'aime plus la couleur de tes chandails, puis tu m'ennuies, tu peux pas savoir.
- Guillaume : Mais Véronique, qu'est-ce qui se passe ?
- Véronique : Je ne t'aime plus.
- Guillaume : Mais je comprends pas !
- Véronique : Tu vas comprendre.
- Guillaume : Véronique !
- Véronique : Tu vas comprendre.
- Guillaume : Véronique, explique-moi, qu'est-ce que c'est ? Pourquoi tu me dis ça ?
- Véronique : Je ne t'aime plus Guillaume. Tu m'empêches de travailler. Tu m'angoisses. L'amour avec toi, c'est beaucoup trop compliqué. Puis, je déteste la façon dont tu parles des choses sans même les connaître. Je ne t'aime plus. Je ne t'aime plus. Bon, t'as compris maintenant ?
- Guillaume : Ouais, ouais, j'ai compris. J'suis vachement triste. Mais j'ai compris.
- La Chinoise, Jean-Luc Godard, 1967